L’IA Act impose depuis le 2 août 2026 de signaler les certains contenus s’ils ont été générés par l’IA. Votre entreprise publie des visuels, des articles ou utilise un chatbot avec IA ? Vous êtes concerné.
Quelques lignes pour faire le point sur vos obligations et sur les outils pour y répondre.
AI Act : ce qui a changé le 2 août 2026
Le règlement européen sur l’IA a été voté en 2024 et entre en vigueur par pallier successifs. Depuis août 2026, les obligations de transparence sont applicables. Ce texte distingue 2 types d’acteurs :
- Les fournisseurs : Ce sont les entreprises qui développent les outils d’IA comme OpenAI, Google, Mistral, Anthropic…. Elles doivent marquer techniquement les contenus générés par IA et faire en sorte que ce soit lisible par une machine.
Ce marquage prend la forme d’un filigrane, souvent associé à la norme Content Credentials (C2PA)
- Les déployeurs : Les entreprises qui utilisent ces outils dans le cadre de leur activité. Elles doivent intégrer l’IA Act dans leurs pratiques. Votre entreprise fait probablement partie de cette catégorie.
En tant que déployeur, votre entreprise doit faire preuve de transparence et, notamment signaler :
- Les Deepfakes ou hypertrucages : utilisation des données biométriques d’une personne (sa voix, son visage, etc.) dans un contenu synthétique.
- Les images, sons ou vidéos qui imitent de façon réaliste des personnes, des lieux ou des évènements réels.
- Les textes publiés, sauf si ces derniers ont fait l’objet d’une relecture humaine.
- Les chatbots et autres outils conversationnels qui intègrent de l’IA, notamment pour orienter les appels. Les utilisateurs doivent savoir qu’ils échangent avec une IA.
Attention, toutes les utilisations de l’IA ne doivent pas être signalées. Ainsi si l’outil d’IA ne sert qu’à faire une mise en forme standard ou ne modifie pas « de manière substantielle ou sémantique » le contenu transmis.
- Par exemple : la simple reformulation d’un email avec ChatGPT
- Un visuel décoratif qui n’est pas réaliste.
- etc.
| Situation | Faut-il signaler ? | Comment ? |
| Un chatbot sur votre site ou un service client automatisé | Oui | Par un message clair dès le début de l’échange. De type : « vous échangez avec un assistant IA ». |
| Une vidéo ou voix d’un dirigeant ou un client recréé par IA | Oui – Deepfake | La mention orale ou écrite au début du contenu et dans la description A noter qu’il faudra également avoir l’accord explicite de la personne pour utiliser son image ou sa voix. |
| Article d’actualité généré et publié sans relecture humaine | Oui | Mention de type « Article généré par IA ». |
| Article rédigé avec l’IA puis relu et validé par une personne humaine | Facultatif | La mention reste recommandée par transparence |
| Illustration – dessin généré par IA pour un post ou une affiche | Facultatif | La mention est conseillée. Les réseaux sociaux ont tendance à les étiqueter ainsi. |
Vous retrouverez les « obligations de transparence pour les fournisseurs et déployeurs de certains systèmes d’IA » à l’article 50 de l’IA Act : https://artificialintelligenceact.eu/fr/article/50/
Pour comprendre l’ensemble des actions à mener en lien avec l’IA Act, vous pouvez également consulter notre article : IA Act : votre entreprise est-elle concernée ?
Quels outils utiliser pour marquer vos contenus générés par IA ?
- Les principaux éditeurs d’IA intègrent déjà des filigranes soit des métadonnées afin de pouvoir identifier les contenus générés par IA, que ce soit des textes, des images, des vidéos ou du son.
- L’outil Adobe Content Authenticity : https://contentauthenticity.adobe.com/ (en version bêta) permet d’intégrer une signature cryptographique dans un fichier pour lequel on souhaite établir une attribution (que ce soit réalisé avec ou sans IA)
- L’outil C2PATool, qui est OpenSource et fonctionne en ligne de commande (cf : https://opensource.contentauthenticity.org/docs/sdk-repos/c2patool/) permet également de signer des documents par lots. Son utilisation est plus technique.
- Il est également possible de rajouter une mention manuelle, notamment à destination des humains, les filigranes n’étant pas systématiquement identifiables à l’œil nu.
Lors de la diffusion des contenus IA :
- Les labels des plateformes : De nombreuses plateformes grand public intègrent des label « Généré par IA ». C’est le cas des principaux réseaux sociaux. (Instagram propose par exemple un label pour les profils dont le personnage est créé par IA. WhatsApp permet également d’étiqueter les contenus IA publiés dans les chaînes.)
- Les mentions manuelles sur votre propre site ou votre documentation papier : une phrase simple en légende, en bas d’article ou à l’écran reste la solution la plus accessible.
Comment vérifier si un contenu a été généré par l’IA ou non ?
- Les outils permettant de taguer les contenus IA à la norme C2PA, permettent également de lire et d’identifier si un contenu a été généré avec de l’IA. C’est le cas d’Adobe Content Authenticity
- SynthID Detector, https://synthid.com/ détecteur de filigrane IA proposé par Google.
- Pour les textes, il existe des outils comme :
- Lucide.ai spécialisé en français https://lucide.ai/detecteur-ia/
- GPTZero : https://gptzero.me/fr
- ScribR https://www.scribbr.fr/detecteur-ia/
- Quillbot https://quillbot.com/fr/detecteur-ia
- Sans oublier, bien sûr Pangram https://www.pangram.com/
- Pour une image, une vidéo ou un son :
- Hive AI Detector : extension Chrome permettant l’analyse par simple clic droit sur une page web ;
- AI or Not : analyse le fichier lui-même, y compris une capture d’écran, avec 20 vérifications d’images gratuites par mois ;

Les limites des détecteurs de contenus générés par IA
Aucun détecteur n’est fiable à 100%. Tous les détecteurs produisent des faux positifs (un texte humain jugé artificiel) ou des faux négatifs (contenu généré par IA et non repéré.)
Un score ne suffit jamais pour mettre en cause un salarié, un candidat ou un prestataire. Il justifie une relecture, une question ou une vérification complémentaire.
Les réflexes à adopter :
- Faites l’inventaire de vos usages : quels outils d’IA sont utilisés, par qui, pour produire quels contenus ? Pensez aussi aux usages informels de vos salariés.
- Rédigez une charte d’usage de l’IA : Quels sont les outils autorisés, les données à ne jamais partager, les contenus à signaler, les mentions types à utiliser.
- Maintenez une relecture humaine pour tout contenu publié. C’est aussi ce qui vous dispense de mention pour un texte d’information relu et validé.
- Signalez clairement votre chatbot et vos contenus réalistes (voix, visages, vidéos).
- Vérifiez les contenus reçus en croisant plusieurs outils, et préférer un détecteur adapté au français.
- Intégrez dans vos contrats une clause sur l’usage de l’IA.
- Formez les équipes qui utilisent l’IA: depuis février 2025, l’article 4 de l’AI Act demande aux entreprises de s’assurer d’un niveau suffisant de maîtrise de l’IA chez les personnes qui l’utilisent.
Sources :
- Marquage des contenus générés par IA : vers plus de transparence ? (France 24 – Août 2026)
- Présence de l’IA dans les contenus (système de design de l’Etat)
- « Identifier les contenus générés par IA en un clin d’oeil » : Google ouvre son outil SynthID Detector au monde entier (Usine Digitale – Oct. 26)
- 12 outils gratuits pour détecter et signaler un contenu généré par IA (Blog du modérateur (Oct. 26)





