Les récentes attaques de l’administration Trump aux Etats Unis contre l’Europe ont réveillé les consciences. De nombreux pays européens souhaitent désormais réduire leur dépendance aux Etats Unis, notamment dans le domaine du numérique. Mais entre désir, impératif et réalité, qu’en est-il de ce sujet qui revient régulièrement.

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Les récentes attaques de l’administration Trump aux Etats Unis contre l’Europe ont réveillé les consciences. De nombreux pays européens souhaitent désormais réduire leur dépendance aux Etats Unis, notamment dans le domaine du numérique. Mais entre désir, impératif et réalité, qu’en est-il de ce sujet qui revient régulièrement.

La chaine industrielle du numérique échappe à l’Europe

Pour maitriser totalement la souveraineté sur le numérique, la maitrise de cette industrie commencerait dès les mines. Silicium, cobalt, lithium… Autant de métaux rares nécessaires à la construction des batteries, cartes graphiques ou circuits imprimés. Force est de constater que l’Union Européenne ne dispose et n’exploite que de très peu de ressources minières pour les nouvelles technologies.

  • La Chine concentre, près de 70% de l’extraction mondiale de silicium.
  • 70% de la production mondiale de cobalt vient de la République démocratique du Congo.
  • Le lithium, lui est majoritairement extrait en Australie et Amérique du sud.

La quasi-totalité du raffinage des terres rares et métaux critiques se fait en Chine, quand les usines de fabrication de puces les plus avancées sont massivement situées à Taïwan et en Corée du Sud.

L’Europe ne produit que très peu et très partiellement le matériel informatique dont elle a besoin (puces, semi-conducteurs, ordinateur, serveur, smartphone, etc.)

Des logiciels essentiellement américains

La dépendance est également très forte sur les logiciels.

Plus de 70% du marché du Cloud est capté par trois géants américains : Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud.

Pour les systèmes d’exploitations et les applications, c’est également le cas : système d’exploitation Windows / Apple, pour les téléphones : Android ou Ios, outils bureautiques avec office 365, Google Wordspace, CRM avec Saleforce, Hubspot, etc.

80% des dépenses européennes en logiciels et services cloud à usage professionnel sont réalisées auprès d’entreprises américaines, soit environ 264 milliards d’euros / an pour 2 millions d’emplois directs ou indirects aux Etats Unis.

Quelle souveraineté pour les données ?

Troisième échelon : les données.

Avec l’essor du Cloud et du modèle « Software-as-a-Service » (Saas) (services disponibles en ligne), les entreprises n’ont plus besoin d’avoir leur propre serveur. Elles ne stockent plus directement leurs données, ce qui minimise l’internalisation de compétences liées à l’administration de serveur et de réseau. Les données sont principalement stockées sur des serveurs distants, accessibles par une identification en ligne.

Ce qui peut poser d’autres problèmes.

A l’époque où les serveurs étaient internalisés et les licences logiciels étaient proposées « à vie », les tensions géopolitiques et sanctions associées auraient eu moins d’impacts.

Actuellement, en cas de sanctions américaines, un fournisseur Saas peut se retrouver forcé de couper l’accès à tous ses clients européens. Inversement, une personne ou une entité, peut se retrouver privée de tous ses comptes et outils américains. Le juge français, Nicolas Guilloux, élu auprès de la Cour Pénale Internationale (CPI) est notamment confronté à cette situation.

Par ailleurs la réglementation américaine « Cloud Act » autorise -sous certaines conditions – les autorités de surveillance à accéder aux données stockées par les fournisseurs américains, que ces données soient hébergées aux Etats Unis ou sur des data center localisés en Europe.

Des alternatives européennes

Face à ces enjeux, la communication autour des outils européens se renforce.

Mais attention, certaines de ces alternatives utilisent des services cloud américains et, bien qu’européennes, elles peuvent être impactées par les tensions géopolitiques.

Prévoir la poursuite de son activité

A cela s’ajoute l’enjeu de pouvoir poursuivre l’activité de son entreprise.

  • Est-il possible pour une entreprise d’avoir accès à une sauvegarde de ses données critiques (fichiers clients, dossiers dédiés, etc.) en cas de limitation d’accès à un service ?
  • Est-ce que ces données sont accessibles et utilisables localement ?

Cette rapide vidéo fait le point sur les enjeux associés et propose quelques pistes et solutions :

Il n’en demeure pas moins que changer les habitudes et les outils reste complexe, et que la souveraineté numérique reste un long chantier.

Pour poursuivre votre lecture :

Sources :