Note de frais, image d’un dégât des eaux, photo d’un accident de circulation, photo d’un journal, capture d’écran d’un ordinateur… Autant de moments où la preuve est une image envoyée, un constat numérique. Mais avec l’intelligence artificielle il suffit de quelques clics pour générer un faux.
Une désinformation de plus en plus crédible
Le 3 décembre 2025, NewsGuard a rendu publique une enquête consacrée à NanoBanana Pro, le nouvel outil de génération d’images développé par Google.
Au moment de l’analyse, NanoBanana s’imposait comme le générateur d’images le plus réaliste du marché. Une avance technologique toutefois relative, puisque les autres outils concurrents évoluent rapidement.
Pour les besoins de son enquête, NewsGuard a sélectionné 30 fausses informations ayant circulé en ligne entre octobre et novembre 2025. Ces contenus ont ensuite été soumis à NanoBanana Pro afin de mesurer son potentiel rôle dans des campagnes de désinformation à grande échelle. Le résultat est sans appel : l’outil se révèle particulièrement efficace pour produire des visuels trompeurs.
Parmi les scénarios testés, NewsGuard a demandé à NanoBanana Pro de générer une image simulant un reportage de la chaîne américaine MSNBC portant sur une information erronée. L’outil ne s’est pas limité à créer des portraits hyperréalistes des protagonistes. Il a également reproduit l’identité visuelle de la chaîne et intégré l’image d’une ancienne présentatrice, renforçant ainsi considérablement la crédibilité apparente du faux contenu.
NanoBanana Pro ne se contente donc pas de générer des personnalités publiques de manière convaincante. Il recrée également leurs environnements médiatiques — plateaux, logos, codes graphiques — brouillant toujours davantage la frontière entre information authentique et manipulation visuelle.
De fausses notes de frais, arnaques aux assurances, etc.
L’intelligence artificielle générative d’image ouvre également la voie à d’autres usages frauduleux : Création de fausses notes de frais destinées à son employeur. Le trucage est à la portée de tous. En quelques requêtes vous pouvez obtenir une image de votre voiture avec suite à un choc ou de créer des moisissures sur une image de vos murs.
Selon une étude menée par un cabinet spécialisé, près de deux salariés sur trois auraient déjà modifié ou falsifié une note de frais professionnelle. Et ce bien que produire de fausses factures peut être puni de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende. Mais dans beaucoup d’entreprises, les mesures de contrôles pour les notes de frais sont limitées. La cohérence reste essentielle.
Des outils pour confirmer les preuves par l’image
Face à ces évolutions, la preuve « simple » par l’image disparait.
Face au besoin de vérification, de nombreuses solutions technologiques apparaissent : Certificall, certiphoto, WeProov, SmartPreuve, Finovox, etc. Mais la fraude documentaire reste large : factures, documents de souscription pour louer un appartement, pour un crédit, etc.
Sources :
- C’est la fin de la preuve par l’image : l’outil Google Nano Banana Pro génère d’incroyables fake news à la chaîne (Numérama – décembre 25)
- Intelligence artificielle : le fléau des fausses factures pour les employeurs (France Info – Nov 25)
- « C’est facile de frauder avec l’IA » : faux dégâts des eaux ou accident de la circulation, cette start-up invente un antidote pour les assurances ( France3 Région – Août 25)