[Mise à jour du 03/04/2026]
La loi de finances 2026 entraine plusieurs changements notables et restrictions dans l’usage du CPF :
Reste à charge augmenté (encore au conditionnel),
Plafonnement dans le montant utilisable,
Limitation du financement du permis de conduire avec le CPF.

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[Mise à jour du 03/04/2026]
La loi de finances 2026 entraine plusieurs changements notables et restrictions dans l’usage du CPF.

Un plafonnement du montant utilisé par action de formation

Admettons que vous disposiez du montant maximal sur votre compte personnel de formation (CPF), soit 5000 euros et que vous souhaitiez les utiliser.
Actuellement, dans le top 5 des principales formations financées par le CPF, il y a :

  • Le permis de conduire
  • Le bilan de compétences
  • Les actions de formation dispensées aux créateurs et repreneurs d’entreprise
  • L’accompagnement pour la VAE (Validation des acquis de l’expérience)
  • Et les formations d’anglais, notamment le TOEIC

Vous aimeriez vous former à la création d’entreprise ou au TOEIC. Formation d’une semaine, d’environ 3000€. A priori la prise en charge complète de la formation est possible.

Mais avec l’adoption du projet de loi de finance 2026, 2 points clés ont évolué :

  • Le reste à charge : Actuellement pour toute action de formation, la personne qui utilise son CPF a un reste à charge de 150€ depuis le 2 avril 2026 (103,20€ auparavant)

  • Le plafond maximal par actions de formation :
    • 1500€ pour les formations avec une certification enregistrée au répertoire spécifique (RS) à l’exception la certification relative au socle de connaissances et de compétences professionnelles (CléA)
    • 1600€ pour les bilans de compétences
    • 900€ pour le permis B

Pour suivre la formation, il faudra donc trouver un cofinancement : soit payer le reste à charge sur ses fonds propres, soit convaincre son employeur ou France Travail, ou encore trouver un dispositif régional qui vienne en complément.

Actuellement, seules les formations inscrites au répertoire spécifique (RS) seraient visées par ces mesures. Les formations inscrites au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), qui visent à apprendre un métier, ne sont pas concernées.

Bilan de compétences : des précisions sur les heures finançables.

Le décret précise que seules les heures d’accompagnement effectuées par un prestataire disposant d’un NDA (numéro d’enregistrement de déclaration d’activité) peuvent être financée par le CPF. Ce qui exclut de fait toute valorisation d’heures réalisées par d’autres intervenants ne remplissant pas ces conditions.

Le débat se poursuit concernant le nombre d’heures minimales d’accompagnement ainsi que la répartition des heures réalisées en individuel ou en collectif.

Restriction du financement du permis de conduire

Le passage du Permis B, dont le coût va de 1500 à 2000€ était la formation la plus souvent financée par le CPF. Il représentait 23% des formations financées en 2023 selon la Dares (ministère du travail).

Cela restera possible pour :

  • Les personnes en recherche d’emploi
  • Les personnes ayant un cofinancement de la part d’un tiers (Ex : Région France Travail, Opco, Faf, etc.), qui ne peut pas être inférieur à 100€.
  • Dans tous les autres cas, le plafond d’usage du CPF sera restreint à 900€

La mesure fait polémique et suscite énormément de réactions de la part des auto-écoles qui risquent d’être fragilisées.

Pour les élus porteurs de l’amendement, le dispositif actuel n’est pas efficace.
Ils dénoncent un effet d’aubaine massif, un ciblage des bénéficiaires inapproprié et in fine une efficacité budgétaire contestable. Ainsi, moins d’un tiers des titulaires ayant utilisé leur CPF pour financer un permis seraient des demandeurs d’emplois, tandis que plus de 75% ont plus de 25 ans et sont déjà insérés dans la vie active.

Pourquoi de telles mesures autour du CPF ?

Ces mesures visent avant tout à réguler l’usage du CPF et à réduire les dépenses associées. La philosophie initiale du CPF : « permettre au public, principalement le plus fragile, de pouvoir se former et évoluer professionnellement, indépendamment de son employeur » s’estompe.

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Sources :