Un pari SEO à la Phileas Fogg : Est il possible de ranker 1ere page en 80 jours?

Une conférence, un article, une méthode expliquée pour la concrétisation de plusieurs challenge. Un défi SEO, un défi de conception de site, un défi contre la montre, un défi contre moi et pour vous !

Un défi multiple    

Tout comme dans l’histoire de Jules Verne et de son héros Philéas Fogg, voici le récit d’un challenge. Il s’agit même de plusieurs défis imbriqués.

Dans l’univers du référencement naturel, sont organisés des concours. Le dernier en date, organisé par Nextlevel Link, portant sur la requête “smartphone pliable”, a vu pleuvoir les spam reports (Clément Pessaux, consultant SEO publie un article sur ce point dans son blog). Pour ma part, je voulais me challenger mais pas à l’occasion d’un concours, un challenge sans coup bas, sans que les concurrents le sache! Frileux? Non, pragmatique. Les enjeux d’un concours SEO déforme la réalité, certains, pour gagner, sont prêt à tout. Mon défi a été l’occasion de me tester en conditions réelles.

Un autre défi était pour moi de parvenir à coder le site à la main, sans passer par un CMS. Pour présenter une conférence WordPress c’est peut être gonflé mais ce choix s’explique.

Viens le défi principal : Est-ce possible de positionner une page nouvellement créée, en moins de 80 jours, sur la 1ère page des SERP Google pour une requête à 4500 recherches mensuelles?

Un défi ambitieux pour lequel je me fais deux autres paris, celui de créer le site le plus rapide possible et un sur l’usage par Google des données structurées de type “How To” avant la fin des 80 jours. Avoir le site le plus rapide possible et intégrer facilement les données “How To” en J-SON LD, dans mes balises head nécessitait que je développe mon site à la main.

Il s’agit du paquetage avec lequel je vais tenter cette aventure, alors je soigne le développement. Un site robuste, une architecture simple, Une utilisation de ressource la plus limitée possible (le site avec 15 articles pèse 4 Mo quand un site sous wordpress équivalent pèse une centaine de méga-octets).

Choix du mot clé

Une fois mon paquetage fait, il me faut trouver ma destination !

Je choisis de me positionner sur la requête “recette de grand mère”. Je sélectionne ce mot clé avec la méthode du “allintitle”. Cette méthode, donné par Olivier Andrieu (abondance.com) consiste à mettre en parallèle intérêt et faisabilité du mot clef. On attribue des points en fonction du volume de recherche mensuelle (l’intérêt) et du nombre de pages qui ont le mot clef dans leur balise title, comptabilisé grâce à la requête allintitle:mot-clef

il y a 14 720 pages qui ont le mot clé sur lequel je veux me positionner dans leur title, sur un total de 23 300 000 résultats remontés pour la requête “recette de grand mere” qui atteint un volume de 4500 recherches mensuelles en moyenne. (Monitorank indique 3600, Semrush indique 4400 et Keyword Everywhere indique 5400).

Un rapide tour de la première page laisse entrevoir que la compétition va être rude. Evidemment que le mot clé dans la balise title n’est plus suffisant depuis TRES longtemps. Google Rankbrain a vraiment changer la donne (écouter le podcast “le cycle des IA de Rémi Bacha pour en savoir plus).

L’arrivé de Rankbrain a permi à Google de passer d’un moteur de recherche sous contrôle avec du code statique régit par des conditions à quelque chose de beaucoup plus évolutif, et ce, en réponse aux changements côté utilisateurs tel que l’allongement de la taille des requêtes, la recherche vocale, etc… Plus évolutif car Rankbrain est constamment alimenté en données pour continuer à le faire apprendre.

Je ne vais pas expliquer le côté apprentissage des langues par word embedding de Rankbrain, par contre, je vais parler de l’aspect prédictif et incrémental de Rankbrain.

Enfin, Gary Illyes – Webmaster Trends Analyst @ Google, au SMX 2016, explique que Rankbrain analyse les données sur les recherches antérieures et, en se basant sur ce qui a bien fonctionné pour ces recherches va tenter de prédire ce qui fonctionnera le mieux pour une requête. Google vérifie que les résultats qu’il a proposé ont bien convaincu l’internaute en analysant le parcours de celui-ci, sur quel résultat clique-t-il? Trouve-t-il sa réponse ou revient-il sur la page de résultat pour cliquer sur un autre lien?

Rankbrain prédit les résultats les plus adaptées à une requête, mesure le comportement des utilisateurs et ajuste la page de résultats en continue. Du fait de son incorporation de façon incrémentale, Rankbrain redéfinit ou ajuste les critères de positionnement en permanence. Ainsi, il convient de “deviner” quels sont les critères de ranking les plus efficaces pour une requête en décortiquant les caractéristiques des pages qui occupent les premières positions.

Alors afin de positionner ma page sur la première page, il convient de la surveiller, observer quels sont les concurrents pour tâcher de comprendre ce que Google a besoin d’avoir comme page pour proposer la liste de résultat la plus exhaustive et la plus pertinente possible.

Analyse de la concurrence

Dans le top 11, le 1er mars, il y avait :

  • 4 pages d’accueil de type EMD (Exact Match Domain – site dont le nom est le mot-clef visé) sur des astuces de grand mères soins, nettoyage, etc..
  • 5 pages de gros sites avec une liste de recettes de cuisine. (750g, cuisineactuelle, cuisineaz, elle et pupillesetpapilles)
  • 2 pages de gros sites avec une liste de remèdes (topsante, passeportsante)

Le 9ème résultat semble être la page que je peux remplacer. Un EMD, page accueil avec  score sémantique pas brillant, par contre bonne autorité de page.. Le chemin sera rude !

Je ne peux pas rivaliser avec leur autorité de domaine ou de page, ni leur ancienneté mais en Trust Flow,  y’a peut être moyen avec de beaux liens,  un beau cocon qu’on gonfle d’un vent sémantique et en misant sur l’ergonomie, l’accessibilité et la vitesse de chargement.

La stratégie

Nous y voilà! Le défi est lancé, mon paquetage est prêt, il ne reste plus qu’à décider de la route à emprunter pour y arriver dans les temps.

Ma stratégie est donc de miser sur de la création de contenus solides (tâcher de répondre aux questions qui planent autours de recette de grand mère) + netlinking /maillage + UX + bot helper/clean code. Je ne détaille pas ici ce qu’est un cocon sémantique vous suggère cet article d’un ancien apprenant de chez starTech Normandy, Comment améliorer son référencement avec la technique du cocon sémantique .

Maillage et PageRank interne

Le pari que j’avais fait sur l’implémentation des données structurées de type “How To” s’est révélé récemment une bonne idée puisque Google a annoncé qu’il allait s’en servir dans les SERP ! De plus, j’obtiens un score de 98/100 en vitesse de chargement et de 100/100 en  accessibilité de la page d’accueil d’après Lighthouse.

Je décide de produire une première salve de contenu puis chercher du lien. Je mise sur l’originalité. Je veux avoir une proposition vraiment différentes des autres tant sur le contenu que sur l’architecture/arborescence, maillage (sur les 4 pages d’accueil EMD, 3 sont sur wordpress et un à un développement propre en PHP – trucsdegrandmere.com).

Si vous souhaitez vous faire une idée du travail effectué le site cliquez sur recette de grand mère.

fabriquer les 1ers contenus

A quoi peuvent s’attendre les gens qui tapent cette requête “recette de grand mere” ? J’ai tâché de faire des liens comme on fait du sens. J’ai pensé remède, cuisine, entretien, bien être, jardinage et ça m’a semblé couvrir tout ce que les internautes pouvaient finalement attendre d’une recette de grand mère. Une circulation de remèdes en remèdes, d’astuces en astuces, prouver que j’ai de la pertinence sur la recette de grand mere que ces 4500 utilisateurs cherchent tous les mois. Cuisine, je botte en touche de suite je crée la page mais ne présente pas grand chose d’autre qu’une liste de lien issues de la première page correspondant à la requête “recette de grand mère cuisine”.

Comment je fabrique mes contenus :

  •  Une information claire et directe
  • Une rédaction en style tutoriel
  • Des précautions d’usages
  • une infographie partageable

La desindexation Google entre le 5 et 8 avril – mon trampoline !

Entre le 5 et le 8 avril, un bug côté Google désindexe une bonne partie du web temporairement. Google met un moment avant de prévenir, Danny Sullivan qui gère le compte twitter Google search Liaison répond aux commentaires avec son compte twitter perso et non le compte officiel prévu! Ça sent le cafouillage à plein nez et Google qui refuse de reconnaître publiquement son erreur. Cependant pour moi, mes pages n’ont pas été désindexer ! Et en attendant que Google corrige ou que les SEO, webmaster des autres sites ne redemande l’indexation via la GSC, je fais deux sauts dans la SERP comme si j’étais sur un trampoline !  Ça me permet de voir que je suis dans bonne direction mais qu’il reste du travail !!

Popularisation

Après la rédaction des contenus, s’enchaine leur popularisation. Il va falloir partager ces articles le plus possible pour qu’ils soient vus, pour que cela crée du trafic sur le site, pour donner envie de faire du lien.

Sur les réseaux sociaux :

Sur Facebook – je crée un compte perso qui ne me servira qu’à animer une page que je crée également, recette de grand mère (@recette.de.grand.mere.page.officielle). Je recherche des groupes dans les thématiques de la santé, du bien-être, du DIY, de trucs et astuces, du nettoyage, du jardinage.Je demande à rejoindre ces groupes en tant que page. Je veux pouvoir demander aux gens qui aiment mes publications d’aimer la page. Je me crée un tableau excel avec les groupes et les noms des articles pour pouvoir suivre les partages.

Je vais faire pendant ces 80 jours 2 campagnes de publicité pour agrandir le nombre de « j’aime » sur la page et ainsi tenter d’augmenter le trafic vers le site web, publications des articles du blogs qui sont partagés sur les groupes. Une première publicité composée d’une photo et d’un texte court avec l’augmentation du nombre de mentions j’aime comme objectif, du 05 au 11 avril (6 jours). 18€ ont été dépensé avec un budget de 3€/j et ont généré 463 nouvelles mentions j’aime soit 4 centimes le j’aime.

Une seconde et dernière publicité composée d’un diaporama et d’un texte court avec l’augmentation du nombre de mentions j’aime comme objectif, du 02 au 08 mai (6 jours). 68€ ont été dépensé avec un budget qui a augmenté au fur et à mesure jusqu’à atteindre 14€/j et ont généré 1976 nouvelles mentions j’aime soit 3 centimes le j’aime.

Sur Facebook, tous les liens sont en nofollow.. cependant, s’ils génèrent du trafic sur mon site web, ça reste un signal positif pour Google.

Sur Pinterest – Je crée un compte pro dans lequel j’importe mes épingles qui lient aux articles (et inversement, sur les articles ajout de la balise pin it lié avec l’épingle déjà créée pour que si quelqu’un utilise le bouton sur le site, cela compte comme un partage de ma propre épingle).

Les liens des épingles sont en nofollow mais le lien sur le profil est en dofollow.

Sur des sites web :

J’inscris le site sur différents annuaires, la publication s’affiche sur Gralon le 04 avril, sur Limite-atteinte le 12 avril, sur Meilleur du web le 02 mai et sur The oueb le 04 mai.

Parallèlement je partage les infographies sur visual.ly. Le lien vers la source est en no follow mais pas le lien vers le publisher alors je n’utilise que ce lien là pour pointer vers mes articles avec le mot clé choisi.

Trouver de beaux liens est possible, et même gratuitement mais il faut bâtir une relation durable, de confiance avec d’autres éditeurs de sites. En 80 jours, il est clair que je n’ai pas ce temps. Soit, il est possible d’acheter du lien. Il existe plusieurs sociétés qui proposent des services plus ou moins analogue : payer pour faire figurer un lien qui pointe vers notre site web depuis un article.

Ainsi, le 25 mars, je teste la plateforme soumettre.fr et achète un lien qui pointe vers mon article sur la conception d’un dentifrice naturel (je choisi de ne pas lier la page d’accueil, pas encore beaucoup d’articles pour que ça paraisse naturel aux yeux de Google). Un nouvel article est publié le 25 mars, il me coûte 70€ HT.

Là, déjà, je vois bien que pour atteindre mon objectif, il va falloir d’autres liens, tant pis pour la limite que je m’étais donné, j’investis d’avantage.

Le 12 avril un nouvel article est publié grâce à la plateforme netlinking.fr, il me coûte 80€ et il relie à ma page d’accueil avec l’ancre recette de grand mère.

Enfin, je teste également la plateforme NextLevel Link. Cette plateforme, à la différence des deux autres propose d’acheter un lien dans un article déjà publié et positionné. Un nouveau paragraphe de 200 mots en gros est ajouté à la fin de l’article avec le lien. J’achète un lien depuis un blog généraliste mais positionné 7ème sur la requête “remede de grand-mere contre la constipation”. Le prix n’est pas le même, par contre, côté efficacité, c’est top. Le lien me coûte 335€ et paraît le 29 avril.

La locomotive du contenu par jour

Du 2 au 12 mai, je publie 11 articles soit un article par jour puis je partage un précédent article sur ma page facebook et sur les groupes facebook correspondant à la thématique.

C’est la phase locomotive, il ne me reste plus que 3 semaines pour atteindre la 1ere page, la stratégie est de montrer à Google que le site a un rythme de publication ainsi qu’un trafic sur le site web  qui mérite la 1ère page.

NDD expiré

Les liens sont donc toujours un critère de ranking important. Un autre moyen d’obtenir de beaux liens est de se les faire soi-même! Ainsi, Paul Sanchez, de l’agence SEO Hackers vante depuis quelques années les mérite de la construction d’un PBN, un Private Blog Network, c’est à dire un réseau de blogs, satellites du “money site” dont l’objectif est d’abriter un lien vers le-dit “money site”.  Afin de constituer ce réseau de blog, plusieurs possibilités s’offrent à vous ! Entre tout faire from scratch et acheter un PBN tout fait tout beau, un moyen efficace existe, spécialement quand comme moi, on manque de temps, c’est l’achat d’un domaine expiré. Ainsi, j’achète un domaine généraliste à 80€ sur la plateforme domstock (il en existe de nombreuses autres, on peut aussi trouver ses NDD expirés seul et sans l’aide plateforme). Le NDD a des metrics pas mal.

Je publie une vingtaine d’articles qui correspondent au contenu publié autrefois sur le blog et surtout qui correspondent aux articles visés par des backlinks. Je n’oublie pas de faire mes redirections, j’attends un peu et je publie un article sur l’urgence climatique et la nécessité de prendre les choses en main dans lequel je place plusieurs liens dont un vers “recette de grand mère”. Idéalement, j’aurais pu attendre davantage, écrire de nouveaux articles qui ne pointent pas vers un de mes sites puis, au bout d’1 mois après avoir ressorti le blog et l’avoir déclaré via la SearchConsole, j’aurais pu mettre mon article et cet article aurait pu n’avoir qu’un seul lien externe, un qui pointe vers mon site.

Mesures et Analyses

Au bout de 72 jours, la page d’accueil du site recette de grand mère arrive en 10ème position sur la SERP.

Presque tout le trafic provient de facebook, entre le 1er mars et le 13 mai, il y a 95% du trafic qui provient de Facebook, 3% des liens(referal) et  2% du SEO.

Sur la dernière semaine, grâce à l’élan donné par la publicité mais surtout grâce à la publication / partage d’un article par jour, j’atteins les 2500 visiteurs en 1 semaine. On peut donc présumer qu’en continuant à ce rythme de publication et de partage, je pourrai avoir 10.000 visiteurs par mois.

Conclusion.

Bien que je remporte mon défi multiple en seulement 72 jours, le SEO est une affaire de stratégie à long terme. Il faut du temps pour rédiger des articles de qualité, il faut au moins autant de temps pour les diffuser/populariser/partager, il faut beaucoup de temps pour trouver des backlinks de qualité (enfin si on ne souhaite pas tous les payer..) et il faut du temps pour exploiter pleinement son NDD expiré et donc beaucoup de temps et d’énergie pour se constituer un bon PBN (de plus, vous devrez rester vigilant, il faudra certainement que vos concurrents ne découvrent pas que vous êtes derrière TOUS ces sites qui pointent vers votre “money site” ou vous riquez le “spam report”). Les slides de la conférences sont disponibles ici

Ne croyez donc pas les escrocs qui vous garantissent un résultat SEO et méfiez-vous encore plus des escrocs qui disent pouvoir le faire en 30 jours !

Les efforts finissent par payer mais il faut y consacrer du temps, des moyens, avoir une stratégie solide, bref ou il faut se faire accompagner par quelqu’un de sérieux ou il faut se former sérieusement. Si vous choisissez l’autonomie, ces formations SEO pourraient, je l’espère, vous convenir (il y a bien sûr la possibilité de découper le cycle).

Et pour finir, étant donné les sommes investis (580€ en BL+85€ de campagnes Facebook+80 de NDD expiré =  745€) pour réussir mon défi, il me faudra rentrer dans mes frais. Ainsi, je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour ma prochaine conférence sur la monétisation de son site internet et de son audience !


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