Y-a-t-il une vie numérique après la mort ?

27-01-2015

Usage de QR code sur les tombes

Un profil Facebook sur cent, serait celui d’une personne décédée, soit 130 millions de profils… Que deviennent toutes ces données ? Et quels sont les droits des héritiers pour effacer ou récupérer les données mises en ligne ? Les nouvelles technologies investissent le monde funéraire…

Du recueillement en ligne au cercueil connecté…

Plusieurs services proposent d’anticiper sa fin de vie et permettent la transmission d’un coffre fort numérique à une personne jugée digne de confiance lors du décès. L’ensemble des proches étant averti à de la disparition de la personne par mail…

Mais, il est possible aussi, pour les personnes distantes géographiquement, de pouvoir assister à la cérémonie des funérailles par le biais de webcams et de laisser en ligne des commentaires à destination de la famille…

Elysway se veut être le réseau social dédié aux personnes décédées. Avec une interface comparable à Facebook, il est possible de créer un espace où l’entourage du défunt peut y trouver une biographie de sa personne, y partager ses souvenirs et cliquer sur un « Toutes mes condoléances » plutôt que sur un « J’aime ». Reste à savoir s’il est possible de créer de faux comptes (par exemple de personnes vivantes) et quelles seront les publicités diffusées sur ce site afin de le financer…

Certaines collectivités locales proposent également des services de type cimetière 2.0, bornes interactives. D’autres acteurs privés proposent des QR codes sur les tombes des cimetières afin de renvoyer vers une page web racontant la vie du défunt. La tombe raconte alors la vie passée.

Plus anecdotique, catacomb sound system vend des cercueils de luxe connectés à Spotify et Twitter, afin d’écouter éternellement ses airs préférés ou découvrir les playlists de ses arrières arrières arrières petits enfants…

Que deviendront vos données ?

A l’occasion de la Toussaint 2014, la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) a ouvert le débat sur le devenir de toutes ces données que l’on met en ligne.

En effet, en l’absence d’expression de dernières volontés par un défunt sur le devenir de ces données, il est difficile aux proches de pouvoir procéder à leur effacement. Mais, les profils sur les réseaux sociaux ou sur les comptes de messagerie sont aussi soumis au secret des correspondances. Les droits d’accès ne sont pas transmissibles aux héritiers. Ceux-ci ne peuvent donc avoir accès aux données du défunt.

De nombreuses questions restent actuellement sans réponse :

  • Comment est-ce que les héritiers peuvent connaître les différents comptes créés par le défunt sur les différents services en ligne ?
  • Dans quelles conditions peuvent-ils récupérer les données du défunt, mises en ligne ?
  • Quels sont les héritiers qui pourront demander la mise à jour ou la suppression des données ? Comment résoudre les conflits entre des héritiers qui n’ont pas toujours la même perception de la volonté post-mortem du défunt (si un héritier souhaite accéder aux données alors qu’un autre souhaite les supprimer) ?

Autant de questions traitées au cas par cas… La réflexion reste ouverte.

Sources :