Vers un droit à l’oubli mondial ?

23-08-2015

Vers un droit à l'oubli mondial sur Google ?

Imposé par la cour de justice de l’Union Européenne (CJUE) aux moteurs de recherche, le droit à l’oubli a été au cœur de bien des débats : culture de la transparence ou protection de la vie privée ; Google en arbitre de la vie privée ; des critères mal définis…

Mais le droit à l’oubli ne fait pas envie qu’en Europe. Aux Etats Unis aussi, les internautes sont intéressés par ce dispositif.

Vers un déréferencement mondial ?

Actuellement, lorsqu’un internaute européen demande à bénéficier du droit à l’oubli, Google ne fait que supprimer les liens pointant vers le contenu incriminé. Le contenu est toujours existant.

Mais il est aussi possible de retrouver ce lien en faisant non une recherche sur une des versions européenne du moteur (par ex : google.fr), mais sur la version américaine, google.com.

Récemment la CNIL (Commission nationale informatique et liberté) a mis en demeure Google pour qu’il déréférence les liens sur toutes les versions de son moteur de recherche et pas uniquement sur les versions européennes. Ce que refuse (redoute ?) Google.

Un droit à l’oubli aux Etats-Unis ?

Mais aux Etats Unis où le 1er amendement défend clairement l’accès aux informations publiques et la liberté d’expression, un groupe de défense des droits des consommateurs a demandé à la FTC (Federal Trade Commission) d’enquêter sur les raisons pour lesquelles Google n’a pas étendu le droit à l’oubli aux Etats-Unis.

Ce d’autant que Google permet déjà aux internautes de demander le déréférencement de liens vers des données sensibles (ex : numéros de cartes de crédits) ou pour les victimes de revenge porn (vengeance par la diffusion d’images d’une personne à connotations sexuelles).

Impuissance n’est pas consentement.

Enfin, une récente étude de l’université de Pennsylvanie auprès d’internautes américains majeurs démontre que les internautes n’aiment pas confier leurs données personnelles à des entreprises.

Les entreprises ont tendance à évacuer le désir de confidentialité des consommateurs en estimant qu’ils ont une liberté de choix et peuvent faire un compromis entre ce que leur coûte de donner leurs informations et les bénéfices qu’ils peuvent en retirer.

Las, les chercheurs ont découvert, lors de cette étude, que plus les internautes connaissent le fonctionnement de la collecte de données sur internet, plus ils se sentent impuissants. Mais impuissant ne signifie pas consentant.

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