Uber, révélateur d’une profonde mutation du travail ?

14-06-2015

Uber, révélateur d'un profonde mutation du travail

« Uberisation du travail » ou « l’Uber Economie », l’expression ressort régulièrement dans les médias. A l’origine, une application, Uber, permettant à chacun de devenir chauffeur. Mais elle est aussi symptomatique d’une mutation d’un travail salarié vers un travail à la demande.

D’une application qui bouscule les taxis à la redéfinition du marché du travail

L’application Uber, qui provoque la colère des taxis et VTC, permet à tout un chacun de se transformer en chauffeur et de vendre une prestation. Avantages avancés, des prestations moins chères (plus de licences à acheter, de charges de structure ou de protection sociale) et la possibilité pour tout un chacun de vivre comme il le souhaite et de gagner sa vie de façon indépendante.

« L’Uber économie » découpe le travail en tâche simple qu’elle met en relation avec des internautes contractuels. Uber n’est pas à l’origine de ce modèle, mais étant donné son succès et sa médiatisation, l’application a amplifié le phénomène.

Repenser l’entreprise et le salariat

D’après The Economist, « L’utilisation de la plate-forme ubiquitaire du smartphone pour fournir du travail et des services dans un grand nombre de nouveaux modes va remettre en question de nombreuses hypothèses fondamentales du capitalisme du XXème siècle. Depuis la nature de l’entreprise jusqu’à la structure des carrières. »

En effet, les coûts associés à l’immobilier, la présence d’employés à plein temps, la taille des équipes, mais aussi tous les systèmes associés au salariat (protection sociale, etc.), sont à repenser.

Les limites de ce modèle

Plusieurs entreprises ont déjà constaté quelques limites à ce modèle. Elles obtiennent une meilleure qualité avec des permanents qu’avec des contractuels, peu fidèles et aux compétences inégales. et qu’il faut parfois former. Un coût du travail plus élevé, permet aussi d’offrir un meilleur service.

Du côté des travailleurs, les désavantages sont apparus très vite. Les conducteurs Uber se plaignent d’être poussés à travailler régulièrement, comme des permanents, sans en obtenir jamais les avantages.

Alors, demain, tous indépendants ? Si un tiers des américains a déjà une activité freelance, The Economist rappelle que cette économie « à la demande  » n’arrive pas par hasard dans des temps de chômage.

Sources :