La réalité virtuelle pour dépasser ses phobies et ses addictions

14-09-2016

la réalité virtuelle pour traiter le vertige

Claustrophobie, arachnophobie, peur de l’avion ou difficultés à arrêter de fumer…

Les médecins utilisent les casques de réalité virtuelle pour immerger, sans risque et progressivement, le patient dans un environnement redouté. La réalité virtuelle est un outil thérapeutique prometteur.

La réalité virtuelle, un dispositif médical atypique

Pablo, 27 ans s’immerge dans un métro virtuel. Un environnement qu’il redoute. Il est claustrophobe. Jusqu’ici, il préférait faire une heure et demie de trajet plutôt que de prendre le métro et risquer une crise de panique.

L’environnement, reconstitué numériquement a été pensé jusque dans les moindres détails pour renforcer l’immersion du patient : éclairage de la rame, ralentissement avant l’arrivée sur le quai, bruit à l’ouverture des portes, etc. Les passagers jouent aussi un rôle important : Le patient doit aussi affronter leur regard. Regard qu’il redoute parce qu’il s’imagine pouvoir s’évanouir à tout moment.

Le but n’est pas de déclencher des crises d’angoisses. Chaque univers fonctionne par paliers de difficultés. Suffisamment aguerri, le patient peut par exemple et en accord avec son thérapeute, décider d’affronter une rame bondée à l’heure de pointe.

Un outil thérapeutique d’une grande flexibilité

L’immersion d’un patient dans un environnement virtuel offre une grande flexibilité. De nombreux élements peuvent être paramétrés : conditions météo, nombre de voitures sur une autoroute, taille d’une araignée, etc. Ce qui constitue un gain de temps énorme, notamment lorsque le traitement d’une phobie nécessite une exposition à un environnement particulier.

Enfin, cette immersion présente le double avantage de pouvoir être interrompue à tout moment, notamment en cas de panique et de redonner confiance aux patients.

S’immerger dans la réalité virtuelle ne suffit pas pour guérir

Pour autant, la réalité virtuelle ne suffit pas à elle seule à dépasser ses phobies ou addictions. L’outil facilite l’exposition. Mais d’autres expériences de thérapie cognitive et comportementale et une préparation aux techniques de relaxation sont nécessaires.

Certains phobiques parviennent aussi à « ruser ». Ainsi, une personne qui souffrait de glossophobie (peur de parler en public) était particulièrement à l’aise face au public d’un amphithéâtre virtuel. Elle fixait son regard sur le tableau au fond du décor pour éviter le contact visuel.

Pour le Docteur Malbos, le taux de guérison du traitement par réalité virtuelle avoisine les 90 % : « Les 10 % d’échec, ce sont les patients qui ne s’exercent pas sur les techniques de relaxation en dehors des séances ».Enfin, plus l’environnement semble réel en reprenant des prises de vues réelles et non un environnement reconstitué numériquement et plus la thérapie fonctionne.

On n’en est qu’au début des usages thérapeutiques de cet outil. La réalité virtuelle peut aussi permettre de soigner des addictions et de mettre d’anciens fumeurs à côté de personne qui fument.

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