Quand les robots écrivent l’information !

29-03-2015

Quand un robot devient journaliste

Avec la course à l’information en temps réel, les rédactions des journaux ont de plus en plus recours à des robots pour traiter et diffuser automatiquement les informations. Au détriment des journalistes et du temps nécessaire à l’analyse ?

Vers des articles rédigés de façon automatique.

La première utilisation remarquée de robots pour diffuser de l’information a eu lieu aux Etats-Unis en 2014. Ken Schwencke, journaliste et développeur au Los Angeles Times a été réveillé par un tremblement de terre. Sur son ordinateur, un article l’attendait . Il n’a eu qu’à le relire et à le publier. Le Los Angeles Times était alors le premier journal à diffuser cette information.

Mais si l’article a bien été signé Ken Schwencke, ce n’est pas lui qui l’a rédigé. Le véritable auteur est un algorithme appelé Quakebot. Ce robot est programmé pour récupérer les données émises automatiquement par l’US Geological Survey à partir d’un certain seuil et les insèrer dans un gabarit pré-écrit.

C’est aussi le cas du journal Le Monde qui a utilisé un robot lors du premier tour des départementales, afin de trouver, sélectionner et rédiger une partie des contenus journalistiques. C’est le cas par exemple de la page de résultat suivante : http://www.lemonde.fr/centre/loiret,45/canton-fleury-les-aubrais,4506/

Le robot, avenir du journaliste ?

L’association entre le robot et le journaliste n’est plus anecdotique actuellement. Si le robot ne peut pas tout faire actuellement (se rendre sur le terrain, évaluer la réalité d’un tremblement de terre, etc.), il inspire craintes et fantasmes dans toute cette profession.

Car la presse n’a pas encore retrouvé de modèle économique. Ce secteur a été complètement bouleversé par le numérique : baisse des abonnements papier, moindre rentabilité de la publicité dans leurs pages… Les conflits sont nombreux entre les moteurs de recherche, comme Google, qui mettent en relation internautes et contenus, mais qui ne participent que peu aux charges liées à la création de ces contenus. En Espagne, Google a fermé Google News après un bras de fer avec la presse. En Allemagne, Axel Springer a tenté le bras de fer, avant de faire marche arrière. Car les journaux sont aussi dépendants de leur audience sur Internet. En France, Google finance un fond pour l’innovation numérique de la presse

Vers des rumeurs automatisées ?

Mais dans la course au temps, un autre enjeu pointe son nez : la diffusion de rumeurs ou d’intox par les journaux qui sont de grands relais d’opinions. Si le temps passé pour vérifier une information et l’analyser se réduit comme une peau de chagrin, le risque de voir de fausses informations diffusées à travers le monde entier est amplifié.

Lorsque le 23 avril 2013, le compte Twitter de l’agence américaine Associated Press (AP) a été piraté et a diffusé le message suivant : « Deux explosions à la Maison Blanche et Barack Obama est blessé », le Dow jones a chuté de 200 points.

Mais au fait, qui a écrit cet article ?

Sources :