La monnaie numérique bitcoin, victime de son succès

20-04-2016

Bitcoin et evolution de la blockchain

La plus célèbre des monnaies numériques, le bitcoin, est victime de son succès. L’augmentation des transactions en bitcoin risque de saturer le service. Mais les acteurs se divisent face aux innovations à introduire.

 15,5 millions de bitcoins en circulation

Le bitcoin est une monnaie numérique. Contrairement aux dollars ou aux euros, elle n’est rattachée à aucune banque centrale, ni aucun territoire. Elle se base sur la technologie blockchain (chaîne de blocs), soit une grande base de données qui enregistre l’ensemble des échanges effectués. Contrairement aux autres monnaies, le bitcoin via la technologie blockchain est partagée entre ses différents utilisateurs, sans intermédiaire. A ceci s’ajoute un usage anonyme de cette monnaie.

Mais si l’augmentation du nombre de bitcoin en circulation (15,5 millions de btc en mars 2016 pour l’équivalent de 6 milliard de dollars) et des transactions, tendent à installer cette monnaie numérique dans le paysage financier mondial, les embouteillages pointent aussi le bout de leur nez.

Une innovation pour sauver le bitcoin

Tous les acteurs sont d’accord pour trouver une solution technique qui permettra au réseau d’absorber plus de trafic. Mais pas sur les innovations à introduire.

Certains, baptisés « Bitcoin Classic » sont partisans d’une « solution rapide » en augmentant la taille des blocs, ces fichiers qui contiennent toutes les transactions et qui viennent s’ajouter à la blockchain. Aujourd’hui, un bloc a une taille de 1 Mo pouvant permettre jusqu’à 3000 transactions. L’augmenter à 2Mo pourrait permettre de résoudre le problème.

De l’autre, les « Bitcoin Core » qui rassemble l’essentiel des codeurs de l’équipe originelle. Ils  préconisent une approche plus longue à mettre en place : au lieu d’augmenter la taille des blocs, il s’agirait de réduire la taille de chaque transaction. S’ils ne sont pas opposés à l’augmentation de la taille des blocs, ils craignent que cela favorise les gros prestataires. Enfin, ils souhaiteraient aussi associer d’autres chaines : des chaines latérales (sidechain) rattachées à la chaine originelle (blockchain).

De forts enjeux économiques et politiques…

Derrière ce débat technique, se cachent aussi des enjeux techniques et politiques. Ainsi pour « les Bitcoin Core » la raison d’être du bitcoin est de fournir un système monétaire égalitaire et décentralisé ce qui le rend très résistant aux attaques comme à la censure. Alors que certains hommes d’affaires souhaiteraient transformer le bitcoin en un système de paiement banalisé et centralisé.

Pour d’autres, notamment les « Bitcoin Classic », laisser arriver le point de saturation provoquera la concentration des différents acteurs et donc de création d’un intermédiaire central autour de la monnaie.

Face à ces désaccords et sans conciliation réussie, les deux groupes ont lancé, chacun de leur côté leurs projets. Avec le risque qu’aucune des deux solutions ne l’emporte sur l’autre et que le réseau bitcoin se scinde en deux.

Source :

Le bitcoin, crise de croissance et querelle de chapelle (Lemonde.fr)