Le prêt numérique arrive dans les bibliothèques

20-01-2015

Le prêt numérique arrive en bibliothèque (pnb)

Depuis peu les bibliothèques de Montpellier, Grenoble et d’Aulnay-sous-bois sont les premières à proposer à leurs usagers le PNB : prêt numérique en bibliothèque. Mais les conditions d’emprunt d’objets physiques ne sont pas celles d’objets numériques et malgré l’accord signé par de nombreux professionnels du livre le 8 décembre dernier, de nombreuses questions restent en suspens…

Le prêt numérique, porte ouverte à la contrefaçon ?

Si les bibliothèques peuvent proposer à leurs abonnés l’ensemble du catalogue édité sous format papier, il n’en n’est pas de même pour le format numérique. Seuls quelques dizaines de milliers de titres sont actuellement disponibles au prêt. Et pour en profiter, il faut à la fois être abonné et résider sur le territoire de la bibliothèque, quand le numérique s’affranchit des frontières géographiques. Enfin, d’autres droits associés au droit de prêt, comme le droit de citation ou l’exception pédagogique, permettant de copier partiellement un livre n’existent plus. Argument avancé : la peur de la contrefaçon. Pourtant, elle existe déjà, pour de nombreux livres.

Des licences trop onéreuses ?

Sujet à polémiques, les licences accordées aux établissements de prêts. La situation actuelle oblige chaque bibliothèque à conclure des contrats spécifiques pour chacun des titres proposés dans leur catalogue numérique. Aucune possibilité de négociation en achat groupé et un éditeur peut tout à fait décider d’augmenter le prix des licences ou tout simplement de refuser le prêt sous format électronique.

Enfin, ces licences ne sont plus un achat, comme dans le cadre du livre papier, mais une simple location. Calqué sur la réalité physique, l’ouvrage numérique est limité en termes d’emprunt. En effet un livre papier est trop « usagé » au bout de 30 à 50 emprunts et doit être renouvelé. Mais l’achat est aussi limité en temps, pour une durée de six à dix ans. Quel sera alors l’intérêt pour une bibliothèque d’acheter des livres intéressants mais peu emprunté ? La « longue traîne » des titres constituant le fond riche et varié des bibliothèques est ainsi menacée, de même que la pérennité des collections.

La cour de justice de l’union européenne appelée à trancher

Le droit de prêt des livres électroniques reste flou en Europe. Au pays Bas où le livre numérique est assimilé à un logiciel, l’association des bibliothèques publiques des Pays-Bas (Vereniging van Openbare Bibliotheken) et le groupe d’intérêt néerlandais pour le droit de prêt (Stichting Leenrecht) s’affrintent sur le droit de prêt numérique. La cour de justice de l’union européenne est appelée à trancher.

Cependant des acteurs privés pourraient bien faire accélérer les mutations. Amazon propose avec Kindle Unlimited, un abonnement et un accès illimité à un nombre conséquent de livres, quitte à ne pas respecter la législation française sur le prix du livre numérique…

Reste, qu’au cœur du métier de bibliothécaire se trouve la médiation culturelle. L’objectif n’est pas de proposer le catalogue le plus exhaustif, mais d’amener des lecteurs et des livres à se rencontrer…

Sources :