Google suspecté d’abus de position dominante

03-05-2015

Google

Lorsque l’on est le moteur de recherche le plus utilisé d’Europe, il est tentant de favoriser ses propres services au détriment de ses concurrents. D’autant qu’il est difficile de prouver que des résultats de recherche, basés sur de multiples critères, sont biaisés…

Vers une amende européenne sans précédent ?

L’Union Européenne a ouvert, dès 2010, une enquête pour suspicion d’abus de position dominante de la part de Google. Parmi les plaignants, 400 acteurs européens, regroupés derrière la bannière Open Internet Project, mais aussi Microsoft. Ils reprochent à Google de favoriser ses propres services au détriment de ceux ce ces concurrents dans les résultats de recherche. Ainsi, des comparateurs de prix, tels LeGuide.com ou Twenga, très présents dans les premiers résultats de recherche, sont devenus nettement moins visibles. L’argument avancé de Google était d’aller vers une désintermédiation maximale : éviter tout intermédiaire entre la requête de l’internaute et le résultat qui l’intéresse. Mais dans le même temps, Google lançait son comparateur de produit Google Shopping.

L’Union Européenne a recherché à de multiples reprises une conciliation avec Google. Mais les plaignants, des élus politiques et des commissaires européens ont estimés que les « améliorations » proposées par Google ne corrigeraient qu’à la marge, voire au contraire renforceraient la position dominante du moteur de recherche.

La commissaire européenne chargée du dossier, Margrethe Vestager, a adressé au géant internet américain une « communication des griefs », le 15 avril 2015, ce qui ferait entrer l’enquête dans une nouvelle étape. Ce contentieux pourrait se solder par une amende dont le montant irait jusqu’à 10% du chiffre d’affaire mondial du groupe, soit un peu plus de 6 milliards d’euros, mais aussi par des mesures correctives du moteur de recherche.

L’administration américaine enquête aussi sur Google

Aux États-Unis, la Fédéral Trade Commission (FTC) avait blanchi Google d’abus de position dominante en 2013. Mais, coup de théâtre, des documents de la FTC ont été transmis « par erreur » à la presse américaine. A l’intérieur, des notes d’enquêteurs qui estimaient que Google avait bel et bien abusé de ses algorithmes pour mettre en avant ses propres services.

Cette affaire prend également une dimension politique et commerciale. En effet Google a été un gros contributeur pour la campagne électorale de Barack Obama et une enquête est ouverte pour déterminer le rôle du Président dans l’indulgence de la FTC.

Mais Barack Obama est également intervenu, accusant publiquement l’Europe de prendre des prétextes légaux dans une lutte commerciale. Derrière cette affaire, se cache aussi la négociation d’accords commerciaux entre Etats Unis – Europe

Faut-il démanteler Google ?

Enfin, en novembre 2014, le parlement européen a adopté une résolution incitant à la scission entre le moteur de recherche et les activités commerciales de Google. Texte symbolique qui démontre cependant que l’Europe a de la difficulté à faire émerger des géants du numérique. Le moteur de recherche européen Qwant (https://www.qwant.com/) peine à s’imposer, même s’il a de plus en plus d’utilisateurs.

Sources :