Facebook devient hébergeur d’articles de presse

31-05-2015

Instant Article - Des contenus longs pour Facebook

La presse est malmenée par le virage numérique. Les différents combats entre les éditeurs de presse européens face à Google News ont eu un goût amer. Mais Facebook vient d’annoncer un accord avec certains éditeurs et devient officiellement hébergeur de presse. Quelles en sont les implications ?

Une presse en crise au bénéfice des intermédiaires.

Avec l’information présente en ligne et en temps réel, les lecteurs paient de moins en moins pour lire l’information. Par ailleurs, la publicité ne rapporte plus assez, mettant en péril l’équilibre. Google s’est longtemps positionné comme intermédiaire entre des lecteurs et du contenu, n’ayant aucun droit à payer (et tout en empochant les revenus liés à la publicité…)

Plusieurs combats juridiques ont opposés Google et les éditeurs de presse européens. En Allemagne, Axel Springer et les éditeurs allemands ont préféré renoncer (temporairement) à leur combat contre Google News, suite à la chute vertigineuse de leur trafic. En Espagne, Google a annoncé l’arrêt de son service Google Noticias (Google News) fin 2014, en réaction à l’instauration d’une taxe Google, non négociable. Début 2015, les éditeurs espagnols se sont aperçus que l’arrêt de ce service n’avait eu que peu d’incidence sur leur trafic (une chute jusqu’à 2% du trafic pour les journaux les plus importants). En France, Google approvisionne un fond – aux contours flous – de 60 millions d’euros au profit de la presse et des éditeurs français. Initiative qui a été dupliquée avec un fond de 150 millions à destination de la presse européenne, pour le financement de projets innovants… (et pour calmer la grogne des professionnels ?)

Ainsi, si Google est un acteur incontournable, nombreux sont les éditeurs de journaux qui ont compris la nécessité de diversifier leurs sources de trafic.

« Instant article » au cœur des réseaux sociaux

Facebook a donc lancé une nouvelle fonctionnalité « Instant article », permettant à différents journaux de publier directement leurs actualités sur Facebook. The National Geographic, The Atlantic ou le New York Times mais également Spiegel, BBC News, The Guardian et Bild font partie des premiers journaux partenaires. Leurs articles seront donc diffusés au milieu des 1,4 milliard de personnes disposant d’un compte Facebook.

Mais, paradoxalement, un article davantage lu, ne signifiera pas forcément plus de revenus pour le journal. Jusqu’à présent un internaute cliquait sur le lien diffusé sur la plateforme Facebook et était redirigé vers le site officiel du journal qui engrangeait ainsi des revenus publicitaires. Avec « Instant Article », l’internaute lira l’ensemble de l’article depuis Facebook. Facebook a tenu à rassurer en expliquant que les systèmes d’analyses statistiques comptabiliseront les visiteurs et que les sites seront rémunérés à la juste valeur de leur audience. Il reste à voir comment les internautes vont partager et interagir avec l’actualité sur cette plateforme, plutôt orienté vers un partage d’information amicale et familiale…

Une presse à la recherche d’un modèle d’économie numérique

La recherche d’un modèle économique pour la presse, touchée de plein fouet par la vague du numérique, n’est pas finie. Les éditeurs de presse risquent de devenir dépendants de contrats signés au coup par coup avec différentes plateformes web…

Et vous, achetez-vous votre information ? Ressentez-vous une différence entre l’information rédigée par les journalistes dans les années 2000 et maintenant ?

Sources :

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