Face à l’uberisation, le collaboratif et la technologie blockchain ?

10-05-2016

Arcade city

Alors qu’Uber a contourné le système des licences de taxis, ainsi que le salariat, cette entreprise pourrait à son tour être contournée par la technologie blockchain. C’est le projet d’Arcade city, une entreprise qui met aussi en relation chauffeurs et passagers.

Uber et l’économie collaborative

Uber, entreprise technologique, met en relation des chauffeurs avec des personnes souhaitant voyager à moindre coût. Les prix des trajets sont fixés et uniformisés par Uber qui prélève par ailleurs 20% de commission.

Si la société se revendique de l’économie collaborative, plusieurs points font polémiques. En effet, la société Uber détient d’une part l’application et prélève systématiquement une commission qui n’est pas reversé à la communauté des chauffeurs. De même, cette société est rentable, car aucun chauffeur n’est considéré comme salarié, ce qui restreint tous les frais de cotisations salariales, d’achat et d’entretien de véhicule ou d’assurance.  Ce point fait l’objet de plusieurs actions de groupes aux Etats Unis.

A l’origine d’Arcade City, une réglementation anti-uber.

En septembre 2015 la ville de Portsmouth (New Hampshire) a décidé de limiter fortement l’activité des chauffeurs de type Uber, en imposant ces plateformes des conditions irréalisables. Rendant de ce fait, cette activité illégale.

Suite à cette décision, Christopher David, lui-même ancien chauffeur Uber, a décidé de lancer sa plateforme de covoiturage « Arcade city », basée sur la technologie blockchain.

Libérer les chauffeurs de la fixation unilatérale des prix

Pour Christopher David « Le talon d’Achille d’Uber et de Lyft est leur management centralisé des prix. Chaque jour les chauffeurs d’Uber doivent se préoccuper de la diminution des prix fixés de façon centralisée au QG d’Uber à San Francisco ». En laissant la décision du prix au niveau du chauffeur et du passager, Arcade city uberise uber et libère le chauffeur de ces contraintes.

Arcade city permet aux passagers de parcourir les profils des chauffeurs et d’en sélectionner un. De leur côté, les chauffeurs sont libres de fixer leurs propres tarifs, d’indiquer les moyens de paiement qu’ils acceptent et d’offrir des services additionnels (livraisons, etc.). Actuellement, la moitié des courses partent sur le principe du « payez le prix que vous estimez juste ».

Un autre mode de paiement possible, encore en cours de développement, permettra de payer via l’application en contrepartie de bonus. Ce qui devrait permettre à l’application de prendre une commission autour de 10%.

Un nouveau réseau logistique, détenu à 100% par ses passagers.

Le challenge principal d’Arcade City est selon son fondateur de parvenir à « faire le lien entre deux mondes : le royaume abstrait de la pure décentralisation sur la blockchain, et le vrai monde des régulations, gouvernements, modèles d’assurance dépassés, enjeux de sécurité, vérification du background, service client…Nous essayons de garder un pied dans chaque camp et de les rapprocher.»

L’idée est qu’à terme, Arcade City ne soit géré ni par une entreprise quelconque, ni par l’équipe fondatrice du projet mais devienne un « service public » détenu à 100% par ses utilisateurs. Un service qui irait aussi au-delà du covoiturage : Services de nourriture, de courriers, d’assistance routières, etc.

Sources :