E-santé : des objets connectés utiles mais indiscrets

22-09-2015

Esanté : le quantified self plébiscité mais posant quelques questions

Du radio réveil qui analyse votre sommeil au bracelet qui calcule le nombre de pas que vous faites chaque jour, les objets connectés envahissent de plus en plus le domaine de la santé et du bien-être. Leur usage pourrait bouleverser la médecine, mais le devenir des données collectées pose problème.

Vers une médecine connectée

Future révolution et eldorado des constructeurs, les objets connectés constituent une tendance de fond. En 2014, près d’un français sur quatre possédait un objet connecté, avec le souhait que davantage de services émergent dans le domaine de la Esanté.

Les objets connectés pourraient en effet modifier fortement l’organisation de la médecine. Pour 72% des médecins (baromètre Santé 360 – 01/2015), il faut que « les patients interviennent le plus possible dans leur traitement et le suivi de leur maladie ». Et pour 70% d’entre eux, les objets connectés sont particulièrement adaptés pour les patients souffrants de maladies chroniques (asthme, insuffisance cardiaque, diabète, etc.)

Si la majorité des français, patients comme médecins, est convaincue que la santé connectée constitue une opportunité pour améliorer la prévention, les objets connectés restent encore peu prescrits.

Quid du secret médical ?

L’un des principaux freins à leur développement tient au respect du secret médical. En effet, les objets présentent de nombreuses failles de sécurités. Et les échanges de données entre l’objet et l’application associée sont très rarement sécurisés.

Dans un monde hyper-connecté, ces données qui vont des pratiques sportives aux habitudes alimentaires font l’objet d’un appétit croissant des entreprises. Un utilisateur pourrait ainsi se voir refuser une mutuelle, une assurance ou un prêt immobilier à cause d’une alimentation déséquilibrée ou d’un manque de sport… Autant de données que collectent ces objets connectés. A tel point que le 13 février 2015, le gouvernement français a annoncé qu’il envisageait de légiférer pour accorder un « droit à l’oubli » aux malades qui guérissent d’un cancer, afin d’éviter toute discrimination.

Quelques bonnes pratiques du quantified self

La Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) a un positionnement fort sur cette question et suggère quelques bonnes pratiques :

  • Préférez l’utilisation de pseudonyme
  •  N’automatisez pas le partage des données vers d’autres services (notamment les réseaux sociaux)
  • Ne partagez les données qu’avec un cercle de confiance
  • Effacez et/ou récupérez vos données lorsque vous n’utilisez plus un service
  • Dans le cas de l’utilisation d’une application ou d’un capteur dédié à un usage médical, assurez-vous de la fiabilité des informations fournies auprès d’un professionnel de santé.

Sources :

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