E-réputation : gare à l’effet Streisand !

20-07-2014

Ereputation - méfiance, face à l'effet Streisand

C’est l’histoire d’un repas au restaurant. Un repas qui se passe mal, comme cela arrive parfois… Mais la cliente est une blogueuse et elle publie sur internet les détails de sa mésaventure. L’histoire aurait pu s’en tenir là…

Mais l’article est très (trop ?) bien référencé sur le moteur de recherche Google et son titre : « L’endroit à éviter »», suivi de la région et du nom du restaurant ne constituait pas la meilleure publicité. Les restaurateurs ont saisi la justice pour dénigrement. La blogueuse a été condamnée par le tribunal de grande instance de Bordeaux le 30 juin dernier : 1500€ de dommages et intérêts et 1000€ de frais de justice. L’article a été retiré, bien que la justice lui ait juste demandé d’en modifier le titre.

Liberté d’expression ou dénigrement ?

Selon la décision du tribunal de grande instance de Bordeaux, le contenu de l’article, critique, relève de la liberté d’expression. Seul le titre tombe sous le coup du dénigrement puisqu’il jette publiquement le discrédit sur une personne ou une entreprise.

Pour rappel, une critique doit rester prudente et objective et ne pas être inspirée par le désir de nuire à autrui.

Cette décision reste aussi « étonnante ». Parmi les motifs de la condamnation, le titre est mis en cause car « particulièrement apparent non seulement pour les followers (…) mais aussi pour l’internaute sur Google en raison d’un emplacement en 4e position accompagné d’une photographie de l’auteur ». La blogueuse n’est en rien responsable des choix de référencement de Google. Mais, est-ce une victoire pour les restaurateurs ? Rien de moins sûr !

L’effet Streisand en retour !

Barbra Streisand a laissé son nom à un phénomène médiatique particulier : La suppression demandée ou forcée d’un contenu sur internet peut engendrer une visibilité encore plus forte pour ce dernier. Ainsi, l’article n’aurait été vu que 490 fois avant ce jugement. Or, s’il est supprimé du blog actuellement, il reste visible dans le cache internet et d’autres internautes l’ont republié sur un nouveau site Internet.

Les articles commentant cette décision de justice se multiplient dans les médias régionaux et nationaux, alors que l’on est en pleine saison. Les réseaux sociaux prennent le relais : « Un restaurant où la liberté d’expression ne figure pas au menu », « ici la pizza coûte 2500€ ». Les commentaires sur Tripadvisor remettent en doute les avis positifs préexistants et qui ont déjà été publié sur ce restaurant…

La situation médiatique s’est emballée. Les restaurateurs ne contrôlent plus la situation et reçoivent des dizaines d’appels de journalistes. De l’autre côté, une blogueuse qui s’inquiète du bruit que génère cette affaire. Les employés, ce restaurant et les restaurants homonymes devraient en pâtir… Dans ce genre de situation, un accord à l’amiable ou une dilution de l’article par la publication d’autres articles auraient probablement été plus efficace…

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