Droit à l’oubli : est-ce la solution pour gérer son e-reputation ?

09-09-2014

Droit à l'oubli et résultats de recherche google

La Cour de Justice de l’Union Européenne a récemment rendu un arrêt par lequel elle a obligé Google à déréférencer certains contenus jugé préjudiciables pour les citoyens européens. Google a alors mis un formulaire de droit à l’oubli en ligne, rapidement suivi par Bing, le moteur de recherche de Microsoft. La France, serait championne d’Europe en Juillet 2014 de ces demandes d’oublis.

Un retrait partiel des informations ?

Il faut savoir que toutes les demandes de retraits ne sont pas satisfaites. Google évalue si la requête demandé est juste et si les informations seront ou non retirées. Dans le cas d’une personnalité publique par exemple, Google a confirmé que l’intérêt du droit à l’information des internautes était supérieur au droit à l’oubli.

Mais, il faut bien comprendre que ces informations ne sont pas effacées. Le site existe encore, les pages aussi et des internautes peuvent les consulter par le biais de liens. Ce qui est retiré, c’est uniquement le lien présent dans les résultats de recherche.

Un point reste encore flou : est ce que le retrait de ce lien dans les résultats de recherche n’est valable que pour un internaute situé en Europe via son adresse IP ou bien via les versions européennes des moteurs de recherche ? En ce cas, un internaute américain pourrait facilement retrouver ces résultats masqués pour les internautes européens. Mais, le droit à l’oubli est une législation européenne et Google n’est pas forcément favorable à ce que cela devienne un droit mondial.

Enfin, Google indique aux propriétaires des sites concernés, les liens qui sont déréférencés, via son site Google Search Console. L’éditeur du site est alors au courant, ce qui peut déclencher une vaste polémique.

Effet Streisand en embuscade ?

L’effet Streisand est ce phénomène médiatique auquel l’actrice et chanteuse Barbra Streisand, a laissé son nom. A vouloir cacher ou empêcher la diffusion d’une information, on provoque l’inverse en la rendant davantage visible.

Par exemple, le site britannique Oxford Mail avait publié en 2006 un article sur la condamnation d’un archéologue qui a tenté de voler des articles dans une boutique à Oxford. Il y a quelques semaines, une personne a demandé le déréférencement du lien de l’article sur Google et a obtenu gain de cause. Mais lorsque le site Oxford Mail a reçu le message de Google, il a publié un nouvel article évoquant cet incident. Le premier article en question n’avait été consulté que 28 fois. Le second article, intitulé « Google retire le premier papier de Oxford Mail à propos de la condamnation de … » aurait généré plus de 13 000 consultation et par ricochet, plus de 10 000 consultation de l’article initial…

Quand il faut déréférencer… des demandes de déréférencement

Le droit à l’oubli étant récent, une polémique existe entre droit à l’oubli et droit à l’information. Un américain a ainsi crée un site pour recenser de façon non exhaustive les liens déréférencés par Google :  Hidden from Google. Le site Chilling Effects recense depuis longtemps les demandes de déréférencement liées au droit d’auteur. Deux sites indexés et retrouvable sur Google… Faudra-t-il déréférencer un à un les articles de ces sites ?

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