Civic Tech : des applications pour stimuler la démocratie locale

21-09-2016

des applications pour dynamiser la démocratie participative

A l’heure où 40% des citoyens se détournent des urnes aux élections municipales, de nombreuses applications proposent de renouveler la vie démocratique locale. Donner un avis, alerter sur un dysfonctionnement, suggérer une amélioration.

Si le dialogue est nécessaire, la détention des données n’est pas neutre.

Dynamiser la démocratie locale

Vooter, City2Gether, Fluicity, Neocity, Democracy Os, … Les plateformes se multiplient et s’inscrivent dans le mouvement « Civic Tech » en fort développement ces dernières années et qui regroupe les initiatives au service d’une participation plus large des citoyens à la vie politique.

Julie de Pimodan, fondatrice de Fluicity et citée par le journal Le Monde, affirme ainsi « Un maire a du mal à gouverner aujourd’hui parce qu’il manque d’informations qui remontent des quartiers. Ces outils vont lui permettre de mieux connaître ce que les gens pensent sur le terrain ». Et nombreuses sont les municipalités à avoir franchies le pas : Nanterre, Vernon, Bougival, 9e arrondissement de Paris, Voisins-le-Bretonneux, Brest, etc

Au delà de l’effet d’annonce, un risque de ségrégation numérique

Si ces plateformes permettent de renouveler le dialogue, elles mettent en place un biais dans la consultation citoyenne. Le public visé est le plus souvent les jeunes actifs connectés, qui s’intéressent à la vie de leur quartier mais qui par manque de temps ou d’envie, ne se déplacent pas lors des réunions municipales. Mais, tout le monde n’a pas un smartphone, ni la même aisance numérique. Les municipalités doivent veiller à ne pas privilégier une catégorie de population plutôt qu’une autre via ces outils.

Le groupe de réflexion « Décider ensemble » a réalisé un sondage en mars 2016. Un tiers de municipalités qui ont déployé ces outils estiment toucher de nouveaux publics et la moitié est satisfaite du nombre de citoyens impliqués.

Qui détient les données transmises ?

Ces plateformes sont basées sur le modèle de la gratuité pour l’usager et d’un abonnement payant pour la collectivité, à l’exception de Democracy Os, diffusée en open source. Pour autant leurs fonctionnalités et leurs politiques de transmissions des données varient :

Certaines applications permettent de générer de la participation citoyenne, mais aussi d’être un vecteur de communication municipale : information concernant des travaux, notifications ciblées, etc. Ce qui répond à une demande des élus, qui s’inscrivent plus souvent dans une dynamique verticale et descendante que dans une dynamique participative.

La gestion des données, sujet sensible est aussi variable : Neocity ouvre sa base aux municipalités qui peuvent accéder à l’identité des participants d’un sondage ou les géolocaliser sur une carte. De son côté Fluicity ne livre aux mairies que des métadonnées et prévoit de se développer comme un réseau social à l’échelle des quartiers.

Sources :

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