Android, nouvel abus de position dominante de la part de Google ?

01-05-2016

Le système d’exploitation Android, développé par Google pour les mobiles est dans le viseur de la commission européenne. S’il équipe près de 80% des smartphones dans le monde, il privilégierait les services Google au détriment de ses concurrents.

Une nouvelle plainte de l’Union Européenne contre Google

Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence, a envoyé le 20 avril dernier, avoir envoyé un acte d’accusation en bonne et due forme contre Android, le système d’exploitation de Google pour les smartphones.

L’Union Européenne reproche à Google 3 choses :

  • Google exigerait des fabricants de mobiles utilisant Android qu’ils préinstallent aussi le moteur de recherche Google par défaut sur le smartphone, ainsi que le navigateur Google Chrome en échange de la possibilité d’utiliser le magasin d’applications Google Play.
  • Google empêcherait les constructeurs qui voudraient proposer Google Play ou Google search sur leur machines d’y installer une version modifiée d’Android alors qu’Android est un logiciel open-source (tout le monde peut télécharger et modifier le code source).
  • Enfin, Google utiliserait des incitations financières significatives aux opérateurs et constructeurs qui acceptent d’installer de manière exclusive le moteur de recherche Google.

Une enquête plus rapide que pour Google Shopping

La commission européenne étant arrivée au terme de son enquête, elle est prête à prendre des sanctions contre Google. Sanctions pouvant aller jusqu’à 10% du chiffres d’affaires du secteur mobile de Google, soit environ 7 milliards d’euros d’après le Financial Times.

Cette enquête n’est pas non plus sans rappeler celle ouverte en 2015 contre : Google shopping. Dans ce cas précédent, Google a renvoyé à la fin de l’été 2015, une réponse argumentée. De son côté, la commission doit démontrer que le groupe américain manipule son algorithme de recherche pour handicaper ses concurrents. Or, les algorithmes sont complexes, modifiés très régulièrement et tenus secrets.

Un bras de fer Europe – Google – Etats-Unis

Google a rapidement rejeté les accusations de la Commission Européenne, concernant Android. Pour Google, les accords de partenariats entre Google et les fabricants se font sur la base du volontariat. Il est possible d’utiliser Android, sans les applications Google, de modifier le système d’exploitation et de vendre un téléphone basé sur cette distribution.

Mais derrière, ces accusations, se joue aussi en filigrane, un bras de fer entre l’Europe et les Etats Unis. Washington reprochant à l’Europe de s’en prendre à des groupes américains pour protéger son marché intérieur.

Sources :